Dunkerque

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Débat sur la biodiversité 24 octobre 2018

 

En mai,  l'économiste Julien Dourgnon a pu donner son point de vue sur les mutations en cours dans le monde du travail. Les technologies numériques ont révolutionné nos modes de production ; l'avenir du travail pose question dans une économie en pleine mutation. L'économie de production aura-t-elle besoin demain d'autant de main d'oeuvre ? La destruction créatrice décrite par Schumpeter se concrétisera-t-elle une nouvelle fois ? Ne doit-on pas repenser le travail dans une économie où la production s'enrichit d'une économie plus contributive, plus circulaire, plus fonctionnelle ? Cette mutation en cours ne remet-elle pas également en question les modalités du partage des richesses ? Que penser du revenu universel  ? 

En septembre, nous aborderons une autre facette des mutations en cours et c'est le réchauffement climatique qui sera au centre de nos préoccupations. Plus précisément, nous en verrons les conséquences sur la biodiversité. Pour ouvrir le débat, nous faisons appel à un expert en la matière en la personne de Gilles Boeuf, professeur au Collège de France.

"Bien plus qu'un simple inventaire d'espèces élaboré depuis plusieurs siècles, la biodiversité se définit comme l'ensemble des relations des êtres vivants et leur environnement : c'est la fraction vivante de la nature. Elle est actuellement très menacée par la croissance démographique et l'urbanisation, la destruction et la contamination des milieux naturels, la surexploitation des ressources, l'introduction anarchique  d'espèces et le réchauffement climatique. Saurons-nous, au XXIème siècle, mettre fin à cette crise écologique sans précédent ? "

Gilles Boeuf, 

Leçons inaugurales du Collège de France, avril 2014

LE 24 Août 2018, dans une tribune du Monde intitulée "Biodiversité, le gouvernement doit agir avec détermination", un groupe de scientifiques estime qu'il y a désormais urgence à lutter contre l'érosion de la biodiversité. Nous avons invité l'un des cosignataires de cette tribune en la personne de Gilles Boeuf, professeur à Sorbonne Université, président du conseil scientifique de l'agence pour la biodiversité, en charge de la chaire Développement Durable au Collège de France. au cours de cette soirée du 24 octobre, nous entendrons Gilles Boeuf pour comprendre les enjeux actuels liés à la biodiversité. Comme d'habitude, des initiatives locales seront mises en valeur. Les laboratoires de l'ULCO feront état d'une enquête faite sur le littoral, le Centre Permanent d'Initiatives pour l'Environnement nous expliquera la dynamique mise en place sur le littoral, relayé par quelques associations. 

                                                                 « Biodiversité, changement climatique,

                                                                                              en quoi suis-je concerné ? »   

 

                                                                             Conférence débat avec

                                                          Gilles BOEUF

                                                                    le mercredi 24 octobre 2018, 18h30

                                                                Bibliothèque Universitaire de Dunkerque

 

 (La bibliothèque sera ouverte aux participants dés 17h30 avec une présentation de posters des chercheurs et des associations du dunkerquois travaillant sur la question du changement climatique et de la biodiversité)

 

compte-rendu de la conférence débat

Plus de 200 personnes étaient présentes à la BULCO ce mercredi 25 octobre 2018 pour écouter et débattre avec Gilles BŒUF autour de la question « biodiversité, changement climatique, en quoi suis-je concerné ? »

 

Gilles Bœuf nous emmène dans un grand voyage du vivant dans l’espace et le temps.

Alors qu’en France on recense  environ 100 000 espèces, dans la forêt tropicale de Guyane, c’est 50 000 espèces vivantes au km2 et dans le récif coralien de nouvelle Calédonie, il y a  près de 8000 espèces/km2

 

Edgar Morin dit : « Quand on gouverne en laissant une grande partie de la population en dehors, le premier gourou qui passe, il gagne »

 

En 120 ans, on a pris un degré. Le climat a toujours changé mais il change beaucoup trop vite.

Une goutte d’eau de mer raconte l’histoire du vivant. Nous avons 1/3 de gènes en commun avec les micro- algues.

Nous baignons dans la diversité biologique. On ne peut pas vivre sans le vivant, et on laisse une empreinte en permanence.

 

Le tissu vivant s’est toujours adapté au changement. Pour s’adapter, il faut changer. Le vivant innove constamment et ceci, depuis la nuit des temps. Tout se fait avec une grande parcimonie d’énergie : le vivant ne maximise jamais, il optimise en permanence. Le vivant est très performant, il faut y chercher des astuces…mais il faut mettre notre arrogance de côté.

La libellule est le symbole des samouraïs : elle ne recule jamais. C’est magique ce qu’elle sait faire !

 

L’évolution, c’est la contingence du « good gènes » et du « good luck », et c’est sans arrêt tous les jours.

 

Nous sommes « faber » : on fabrique

La domination de l’homo sapiens (« sapiens » ?) avec l’arme de jet (cela a commencé avec les flèches) a modifié considérablement la relation de l’humain avec la nature.

 

Les 7 plaies de la crise écologique : la crise du productivisme agricole, la pénurie d’eau potable, la surpêche, la déforestation, la biodiversité qui s’effondre, des produits toxiques de plus en plus disséminés, le changement climatique qui s’accélère.

 

On se bat pour que le probable qu’on nous promet n’arrive pas.

 

Sur 179 pays qui ont signé à la COP 21, 9 seulement respectent le protocole….

 

La pollution est le problème essentiel : Il faut s’y attaquer, il faut qu’on y participe tous

Comment grandir en humanité ?

L’éducation est fondamentale.

 

Muriel Hochart directrice du CPIE présente le défi photo-nature que l’association a lancé  pour mieux connaitre la biodiversité sur notre territoire dunkerquois. Par ce biais n’importe qui peut participer  et les photos sont prises dans des endroits que le CPIE ne connait pas (en 2017 700 photos ont permis d’identifier 1250 espèces)

 

 

Séverine Frère,  chercheuse à l’ULCO  expose les résultats de l’enquête faite sur la perception du changement climatique dans la population des Hauts de France.