Dunkerque

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fake news comment ne pas être piégés ?

 

 

 

 

 
Les progrès technologiques, la puissance des réseaux et la force des médias ont accéléré et généralisé la diffusion de messages de toutes natures, certains relatant avec rigueur les vérités de fait, d'autres les détournant en vue de tromper ceux qui les reçoivent.
 
 « Fake news », « infox », post vérité : ces termes montrent le brouillage des frontières entre le vrai et le faux, la fiction et la non fiction, la sincérité et la tromperie. Face à l'incertitude et à la fragilité des messages, notre cerveau cherche à réduire les ambiguïtés en utilisant notre expérience et nos connaissances. Lorsqu'il reçoit des informations qui confirment nos opinions, il s'invente parfois des histoires pour rester cohérent. Mais alors, notre cerveau nous joue-t-il des tours ?
 
Comment déjouer les pièges de l'apparence ?
Les médias ont sans doute un rôle important à jouer, réclamant des journalistes des vérifications toujours plus poussées. Mais notre première arme n'est-elle pas notre jugement critique et notre capacité à l'exercer dans nos interprétations ? 

 

 

Fake news, Infox, 

Ces fausses nouvelles qui se multiplient :  

Comment ne pas être piégés ?

 

Albert Moukheiber, neuroscientifique, 

Auteur de « Votre cerveau vous joue des tours »

                                                                        Allary Éditions

 

Annick Michaud, journaliste à la Voix du Nord 

 

Lundi 2 décembre 18H30

 

 Bibliothèque Universitaire

55 rue de l’Université Dunkerque

                            

 

Votre avis est important ! 

Nous vous invitons à venir échanger sur ces questions et à diffuser cette invitation.

M. Moukheiber dédicacera son livre à l’issue de la rencontre.

 

 

 

 

Mutations du travail : quelles nouvelles voies ouvrir ? 25 MAI 2018

Mutations du travail : quelles nouvelles voies ouvrir ? 

débat du 25 mai 2018, BULCO

notre invité était Julien DOURGNON, économiste, auteur de "Revenu universel : pourquoi ? Comment ?" paru aux éditions Les petits matins, 2017

introduction : 

Avec la globalisation, la robotisation et la révolution numérique, le monde du travail se transforme, détruisant des emplois et en créant de nouveaux. L'économie de production se réorganise et nécessite moins de main-d'oeuvre. L'évolution rapide des métiers exige une grande capacité d'adaptation et l'acquisition constante de nouvelles compétences. Les formes de travail changent également : temps de travail partiels cumulés, multi-activité, télé travail, entrepreneuriat...

Parallèlement, la conception du travail s'élargit à des activités multiples. Reconnait-elle suffisamment les nouvelles formes de contribution au bien commun ( bénévolat notamment), dépassant ainsi une vision productiviste de l'économie ?

Cette mutation crée un nouveau rapport au travail et ouvre de nouvelles voies, en générant autant d'optimisme que de crainte de l'avenir. A la fois indispensable à la production de biens nécessaires et à l'accomplissement de soi, le travail, valeur essentielle, doit permettre de progresser dans la construction  d'une société garantissant plus de liberté et de solidarité. 

Profitant de cette mutation, saurons-nous nous organiser pour progresser dans cette voie ? 

Ne faut-il pas pour cela répartir plus justement notre richesse collective ? 

Ce débat commence par des témoignages : 

- Anita LEGRAS, proviseure de lycée professionnel, nous parle de la nécessaire adaptation de la formation pour répondre aux mutations du travail

- Julie HOOGSTOEL étudiante de l'ULCO, nous parle des conditions de travail des étudiants. Beaucoup d'entre eux n'ont que très peu de ressources et doivent travailler pour poursuivre leurs études, souvent dans des conditions rendant difficile la poursuite sereine des études

- Edmond OLEK, président d'association, nous parle du bénévolat et de la masse considérable de travail que nécessite la préparation des "Bordées" évènement incontournable de la vie dunkerquoise. Les subventions baissent année après année, les contraintes augmentent sans cesse et le travail bénévole n'est pas reconnu à sa juste valeur.

- Anne MOUNIER, maman d'un enfant handicapé, nous explique le travail difficile d'une maman pour éduquer et intégrer son enfant. 

Julien DOURGNON réagit en argumentant sur les évolutions importantes du monde du travail et insiste sur la nécessaire reconnaissance de toutes les formes de travail. Les exemples donnés par les témoins montrent à quel point certaines formes de travail sont ignorées alors qu'elles contribuent à la cohésion sociale et à la richesse collective.  Les transformations actuelles de la société sont une formidable occasion de reconsidérer le travail et les modalités de répartition de la richesse. Le revenu universel constitue un autre mode de répartition de cette richesse produite dans une économie largement dominée par les machines numériques, où la précarité s'accroît et où le retour de la croissance apparaît peu probable et peu souhaitable. Le revenu universel est pourvoyeur de liberté et d'estime de soi, là où les allocations de solidarité renforcent le sentiment d'exclusion. 

compte-rendu du débat avec Xavier Emmanuelli

EXPRESSIONS 

CR                 Réflexions sur l’assistance aux réfugiés et aux migrants

                       8 Novembre 2017 avec Xavier EMMANUELLI

Le public était nombreux (plus de 150 personnes) pour entendre Xavier EMMANUELLI, co-fondateur de Médecins Sans Frontières, ancien Secrétaire d’Etat à l’Action Humanitaire d’Urgence, partager ses réflexions sur l’assistance aux réfugiés et aux migrants.

 

« La relation à autrui est très mystérieuse. Depuis bébé on dit « je veux être aimé ». A l’époque de nos anciens, personne n’était exclu. Dans notre vie moderne on devient étranger à l’autre ».

 

Les migrations sont un fait humain : les hommes ont toujours migré : l’homme est un migrant, il n’est pas fait pour rester en place.

Les gens migrent parce qu’il y a des guerres. Certaines n’en finissent pas (Afghanistan, Soudan…) Des profondeurs vient la panique. Les gens veulent vivre.

A un moment de l’histoire, onze millions d’Italiens sont partis, ils n’ont pas été bien accueillis en France, les deux tiers sont revenus : les migrations c’est un balancier : c’est difficile l’exil. En 1940 , tout le monde a pris la route : six millions de Français sont partis vers le sud.

Les gens fuient d’abord dans le pays d’à côté. Au Liban, pays de quatre millions d’habitants, il y a aujourd’hui un million et demi de réfugiés.

Les gens risquent leur vie : depuis 1980 trente mille ont perdu la vie.

 

André Maginot avait construit un  « mur infranchissable »….Guderian a fait le tour : les frontières ne seront jamais étanches : les migrants passeront, question de survie.

Il y a une image formidable de la France au travers le monde : les Français ont inventé le droit d’asile en 1793. (…et la « loi des suspects »…) Et on se comporte petitement… L’Europe est apathique, elle a tout oublié…

 

On a un immense  problème planétaire. Le monde entier est sur les routes. Ce n’est pas une crise, c’est un grand mouvement structurel qui va changer notre civilisation. On ne sait pas le traiter. On a besoin d’autre chose que l’urgence. Cinquante pour cent des migrants sont des mineurs. On n’applique pas le droit (loi de 1945) : nos dispositifs fonctionnent pour un individu, pas pour autant.

 

Accueillons, comme on a su nous accueillir pendant les guerres. La France est déserte, il y a des villages qui meurent. Les migrants sont peut-être une chance. L’Europe est déserte, il y a de la place. De toute façon, un jour il y aura déferlement. Trions. Avec générosité. Alors comment on fait ? On ne pourra prendre tout le monde, mais ce qu’on fait, on le fait bien.

Il y a un génie médical, un tri généreux quand il y a un rein donné pour une greffe et qu’il y a dix malades qui attendent…choix difficile, il n’y a pas de bon choix, mais réfléchir tous ensemble…

 

Il faut penser et avoir une politique. Faire des camps corrects, camps de transit,  il faut renégocier l’accord de Dublin, il faut dire à l’Europe « vous êtes amnésique ».

 

On ne baisse pas les bras : bâtir le monde c’est devant. Accueillons les migrants, ça vaut le coup pour nos enfants, pour le futur.

 

Et lors de l’échange avec le public, Xavier EMMANUELLI précise :

 

Problème des Etats qui n’assurent pas la sécurité de leur population. Vivre en paix chez soi et la découverte du monde : il y a les deux.

L’Occident n’a pas les mains propres. En Afghanistan, on n’a pas installé la démocratie : les gens fuient. On n’a pas terminé le boulot.

Avec une nouvelle population, dois-je abandonner mon mode de vie ? Cela dépend de notre vigueur laïque. Il faut exiger d’appliquer nos lois.

 

Les médias disent les malheurs, et on n’a alors qu’une image négative de la migration qui va changer le monde. Les médias c’est comme une rumeur, une légende, et on en vient à des psychoses fabriquées.

 

 Contrairement à ce qu’on croit, les gens sont accueillants, si on donne un futur.

Raphaël GLUCKSMANN 19 juin 2017

Compte-rendu de la Conférence  débat du 19 juin 2017 avec

Raphaël  GLUCKSMANN ,

autour  de son  livre :

« Notre France

Dire et aimer ce que nous sommes »

(Allary éditions, novembre 2016)

 

Plus de cent personnes étaient présentes pour cette soirée originale où participaient également, Tiphaine de la compagnie du Nonalors…. qui a « planté » le sujet  avec la lecture d’un extrait du premier chapitre du livre et Jan Bijoff qui a interprété l’Affiche rouge  (poème d’Aragon chanté par Léo Ferré), et Ma France de Jean Ferrat.

 

L’animation de la rencontre est faite par Jean-Marie Lefeyer qui pose les premières questions, avant l’échange avec le public.

 

Pourquoi ce livre ?

Ne reconnaissant pas son pays, la France, dans la manière où on lui imposait une vision de l’identité qui n’était pas la sienne, Raphaël Glucksmann a voulu rappeler notre histoire : que la France n’a jamais été un village monocolore, et que d’emblée, ce pays accepte l’autre ; le Français est à la fois paysan et navigateur.

1789 est le produit d’une longue maturation sociale et historique, qu’il faut faire remonter à Renart      ( le Roman de Renart est le premier texte qui unifie le territoire français). Et il faut se souvenir que c’est un édit royal de Louis X en 1315 qui instaure que « le sol de France affranchit celui qui le touche » : l’étranger en « touchant » notre terre devient « franc ».

 Mais qu’il y a toujours eu des Zemmour et De Villiers pour kidnapper notre histoire…

 

En 1833, dans le nord de la France, une mobilisation des « patriotes », des travailleurs des filatures aux bourgeois, entrave le parcours du convoi qui expulse vers le territoire belge Joachim Lelewel (réfugié polonais en France depuis l’insurrection varsovienne de 1830)  : le soutien aux étrangers menacés d’expulsion n’était pas alors qu’une affaire de « bobos »…..

 

Ecrire ce livre était aussi une façon de répondre au silence des intellectuels et de la gauche. Au moment des boat people, l’intelligentsia s’était emparée de la question et le président d’alors, Giscard d’Estaing avait accordé 220 000 visas en une journée…

 

A l’été 2015 la crise migratoire devient cataclysme avec l’arrivée des réfugiés syriens. Ce fut un moment révélateur de l’état idéologique du pays et de la démission de la puissance publique. Raphaël Glucksmann a passé plusieurs semaines à Calais, dans « la jungle » (nommer ainsi est aussi une défaite linguistique) : il a visité de nombreux camps de réfugiés dans le monde : il n’avait jamais vu cela ...

 

Le climat actuel de refus dans le pays est-il « révolutionnaire » ?

Voter FN est-il se révolter ?

En Picardie, le vote FN est une révolte contre Paris, dans le sud il y a une connotation raciste.

Dans les élections qui viennent de se dérouler, il y a une forme de plaisir partagé par tous à voir les têtes valser. Moment de mort des rois, besoin de dégager l’ordre établi : c’est traditionnellement français. On vient de vivre un rappel à notre histoire.

On a parlé de dépolitisation des jeunes : c’est faux ! Il y a un retour à la politique : la « gueule de bois » a ramené les gens à la politique.

 

 

 

Le coup de balai est nécessaire et salutaire pour la France. Mais toutes les questions qui se posent remettent en cause la philosophie individualiste. Or le projet d’Emmanuel Macron repose encore sur cette philosophie. Il y a un espace pour un grand récit de gauche qui réhabilite une dimension collective.

 

L’Europe ?

Celui qui a inventé l’idée européenne, c’est Victor Hugo (cf discours du 21 Août 1849 au Congrès international de la paix à Paris), c’est pas un banquier !

Progressivement, on a dépolitisé l’idée européenne. Si on n’a pas l’utopie, on vide l’Europe de sa substance.

La question écologique va nous faire comprendre l’impasse des logiques individualistes, et que l’on a besoin d’une cohérence européenne.

 

Une solution….ou une idée proposée ?

 Les structures collectives (syndicats, partis politiques, églises..) sont en crise : l’esprit individualiste a colonisé le collectif.

Un service civique universel obligatoire serait un moyen de restaurer une obligation collective : il nous obligerait à sortir de nous-mêmes .De la constellation des ghettos nait la peur.

 

La conclusion de cette soirée revient à Hegel, que Raphaël Glucksman évoque avec des mots clairs et simple, comme il a su le faire tout au long de cet échange : « il faut rétablir les droits du tout sur les parties »…

débat sur l'université

Compte-rendu du débat sur l’université

26 janvier 2017

 On parle de plus en plus des scores des universités françaises dans les classements internationaux, mettant ainsi en concurrence les systèmes d’enseignement supérieur des différents pays. En France, notre université oscille entre deux tendances :

-                 -  celle relativement récente qui privilégie le regroupement de grands pôles universitaires attachés aux métropoles et

-                  - celle issue des années 80 qui démocratise l’enseignement supérieur et qui contribue au développement des territoires par leur proximité.

Ces dernières années, c’est la logique métropolitaine qui semble dominer, orientant notre modèle universitaire vers la compétition internationale.

Mais doit-on pour autant délaisser le modèle des universités de proximité, dont la qualité d’enseignement est largement reconnue et dont la recherche en réseau montre son efficacité ? Quelle plus-value apporte une université de proximité pour un étudiant qui cherche une formation riche et un suivi personnalisé ?

Nous avons d’abord rappeler l’histoire. Comment s’est créée l’université sur le Littoral ? Est-ce que cette création s’est faite dans la facilité ? Pour cela nous avons voulu le témoignage d’Alain Dubrulle qui a été le premier président de l’université. Ce témoignage a posé clairement la question : la concentration des moyens sur de très gros pôles universitaires ne risque-t-elle pas de fragiliser les universités de proximité et d’affaiblir du coup les dynamiques régionales ? Monsieur Pierre Yana, universitaire, était un de ces nombreux acteurs qui ont créé l’ULCO. Il a relaté les premiers temps de l’université, les espoirs et les difficultés du début. 25 ans plus tard, on ne peut que se réjouir du chemin parcouru, tout en étant ambitieux pour l’avenir de l’ULCO, dans un contexte nouveau qui nécessite énergie et opiniâtreté.

Puis Monsieur Carl Vetters, vice-président de l’ULCO et représentant le président Hassan Sadok,  a expliqué le projet actuel de l’ULCO. La stratégie de l’ULCO tourne autour de 3 volets :

-       -      affirmer l’excellence pédagogique et scientifique de l’établissement autour de deux filières :

o   environnement et milieux littoraux

o   environnement industriel et énergie

-              développer son rayonnement auprès des acteurs économiques et institutionnels

-              renforcer l’attractivité du site par le développement de la vie de campus.

Dans un second temps, trois universitaires ont démontré que l’ULCO réunit toutes les conditions nécessaires pour que chaque étudiant puisse réussir ses études :

Agnès Noyer, vice-présidente déléguée à la vie de campus et à la réussite éducative, a expliqué les dispositifs mis en place à l'ULCO pour favoriser la réussite éducative des étudiants. Ses propos ont été complétés par Corinne Kolinsky. Puis un étudiant a apporté son témoignage.

Saad Bouhsina a exposé les dispositifs mis en place pour favoriser l'insertion professionnelle des étudiants : une université de proximité est par définition proche de son territoire, elle est insérée dans le tissu économique local. Est-ce que cette proximité favorise les étudiants pour leur insertion professionnelle ? là encore, un étudiant a apporté son témoignage.

Dernier intervenant, Arnaud Cuisset a insisté sur l'importance de la recherche : une université de proximité peut-elle exceller dans ce domaine. Un étudiant, Antony Roucou, a pu témoigner de son parcours qui le positionne à présent dans le haut niveau en matière de recherche.  

 

Ce débat a montré la qualité de notre université, joyau de notre littoral. La population du littoral peut se réjouir de disposer d'un tel outil de formation qui offre de plus en plus de possibilités aux étudiants et qui attire de nombreux étudiants étrangers.